Le Soleil des artistes

Publié le 2 Juillet 2014

Le Soleil des artistes

Claude Gellée, dit le Lorrain (1600-1682) prend une initiative audacieuse à son époque : il peint "le soleil en face", l'astre face à nous parait souvent au centre de la toile. L'histoire de l'art nous dit qu'il est le premier à prendre cette liberté de composition. Ses tableaux sont baignés de lumière : l'inspiration divine est manifeste, elle touche croyants, athées ou païens, par la puissance de son amplitude diffuse et rayonnante.

William Turner (1775-1851), bouleversé par la découverte de ce peintre, a focalisé nombre de ses toiles sur "ce soleil en face". Ces deux artistes ont une façon ensorcelante de peindre la lumière. On est d'abord ébloui, puis on s'aperçoit que la lumière se répand doucement (chez Le Lorrain) ou plus agressivement (chez Turner). L'éclairage sort du centre de leurs toiles. La lumière vient de l'intérieur.

Dans mon article précédent, "Orgueil ou Amour-Propre", je parle du chakra du plexus solaire. Sa couleur est le jaune, son élément est le feu, sa planète : le soleil, son métal : l'or et, parmi les 5 sens : la vue. (Rappel : c'est l'harmonie de l'ensemble de nos chakras qui permet l'équilibre).

Le chakra du plexus solaire est le Soleil des artistes.

Sachant cela, il convient d'avoir une certaine tolérance pour ce que l'on nomme l'orgueil des artistes. À travers chaque œuvre, c'est l'essence de l'artiste qui est en jeu. Il enfante comme Gaïa nous a mis au monde, il s'implique totalement. Quelle que soit sa source d'inspiration.

Le besoin de reconnaissance et de rayonnement ne se traduit pas de la même façon chez tous les artistes. Autant d'hommes, autant de caractères. Wagner (1813-1883) ne connait pas de limite à son ambition. A contario, qui se souvient d'Allbéric Magnard (1865-1914), un immense musicien de la fin du 19 ème siècle ? Magnard refusait la notoriété : “L'artiste qui ne puise pas sa force dans l'abnégation est ou près de sa mort ou près du déshonneur.” Très engagé, il soutient les féministes (leur dédie sa quatrième symphonie), et démissionne de l'armée en soutien à Dreyfus. Sa mort est édifiante ! Il sort seul de sa maison pour empêcher les allemands de l'envahir et tombe immédiatement sous leurs balles.

Excès ? Comment voulez-vous qu'un artiste ne soit pas excessif ? Ses créations sont sa vie, elles sont vitales.

Petite mise au point :

L'art-thérapie a tous les mérites : grâce à la créativité, on peut se connecter à toute sorte de bienfaits et apprendre à s'apprécier.

Un créatif est quelqu'un capable de concevoir des images, des mises en pages, des scénographies pertinentes et séduisantes pour ses clients. On peut l'apparenter à l'artisan méticuleux.

Un créateur éprouve le besoin de laisser son empreinte, sa marque. C'est vital et il se bat pour cela.Il est de ce point de vue très proche de l'artiste car il peut, lui aussi, se réveiller la nuit pour modifier un dessin, changer une couleur.

L'artiste est inspiré, conscient de ses responsabilités, de son engagement. Quand un mécène le tyrannise, il reprend sa liberté comme il le peut.

Pensez à Lorenzo Lotto, portraitiste de génie, (1480-1556) qui contourne l'autorité de ses commanditaires, en attribuant à chaque visage une véritable personnalité. C'est particulièrement frappant dans ses toiles religieuses. Habituellement, on reconnaît une époque à ses conventions de représentation pour les saints, le Christ, la Vierge Marie etc.

Avec Lotto, on est frappé de découvrir une forte personnalité à la Vierge, à Sainte Catherine (qu'il a peinte à plusieurs reprises). Souvent, ses personnages nous regardent de face. C'est un grand psychologue dirait-on aujourd'hui. Les personnages dialoguent avec nous, nous parlent.

Les créateurs et les artistes enchantent le monde, le bouleversent aussi, et contribuent largement à l'évolution des mentalités.

La Renaissance a changé l'Europe.

C'est aussi la période de tous les excès (luttes religieuses et inquisition). Léonard de Vinci marie sciences, technique, arts et architecture.

J'émets l'hypothèse suivante : notre époque, grandement excessive dans tous les domaines, riche des mélanges éthniques, des nouvelles technologies de création, de l'émergence d'idées à fort impact sociologique, pourrait bien être une seconde Renaissance.

Il est temps de faire vibrer nos âmes, de consoler nos regards de l'orgie de béton, de réfréner les dictateurs de la science.

À vos pinceaux, à vos flûtes, à vos tablettes, mesdames et messieurs les artistes !

Rédigé par Ferry Véronik

Publié dans #Développement personnel

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